Faire progresser la transparence climatique : Lancement mondial de la première norme de reporting sur le développement durable de l'IPSASB
Le 24 mars 2026, le Groupe de la Banque mondiale (GBM), en partenariat avec le Conseil des normes comptables internationales du secteur public (IPSASB), a réuni des leaders mondiaux à Washington, DC, pour le lancement officiel de l'IPSASB SRS 1 : Climate-related Disclosures, la première norme de reporting sur le développement durable développée spécifiquement pour le secteur public.
Cet événement hybride, qui s'est tenu au siège du GBM, a rassemblé des représentants de haut niveau des institutions financières internationales, des organismes de normalisation, des gouvernements et du secteur privé, marquant ainsi une avancée majeure dans le renforcement de la transparence, de la responsabilité et de la prise de décision en matière de climat dans les finances publiques.
Une base de référence mondiale pour les rapports sur le climat du secteur public
Le changement climatique présente des défis systémiques pour les gouvernements, affectant la stabilité fiscale, la prestation de services et la planification du développement à long terme. Pourtant, jusqu'à présent, l'absence de cadres normalisés pour l'établissement de rapports sur le développement durable adaptés au secteur public a limité la comparabilité et la coordination.
Publiée le 29 janvier 2026, la norme SRS 1 de l'IPSASB établit une référence mondiale pour permettre aux institutions publiques d'identifier, de gérer et de divulguer les risques et les opportunités liés au climat de manière cohérente et utile à la prise de décision. Elle est conçue pour compléter les cadres mondiaux, y compris le Cadre de transparence renforcé de l'Accord de Paris, et pour aider les gouvernements à renforcer les politiques fondées sur des données probantes, à gérer les risques climatiques et à mobiliser des financements pour le climat.
De la définition des normes à la mise en œuvre
Les discussions qui ont eu lieu lors du lancement ont mis en évidence le fait que la valeur de la SRS 1 dépendra en fin de compte de sa mise en œuvre effective, qui nécessite une coordination institutionnelle, des systèmes de données fiables et l'intégration dans les processus fondamentaux de gestion des finances publiques. Les participants ont souligné que les rapports sur la durabilité peuvent renforcer la confiance des investisseurs, améliorer l'accès aux capitaux et réduire l'incertitude liée aux risques non financiers, en particulier pour les pays qui cherchent à augmenter le financement du climat et l'investissement durable.
S'appuyant sur une dynamique mondiale croissante, les participants ont également mis en lumière les premiers efforts de mise en œuvre, notamment le soutien apporté par la SFI aux gouvernements dans le cadre de ses activités de conseil. Par exemple, un premier engagement au niveau national est déjà en cours, comme l'organisation par la Tanzanie de son premier atelier sur les rapports de durabilité du secteur public sur l'IPSASB SRS 1, reflétant la demande croissante d'orientations pratiques et de renforcement des capacités.
La contribution de la SFI et au-delà du bilan
La SFI a joué un rôle actif dans l'événement, apportant sa perspective du secteur privé pour éclairer l'adoption par le secteur public. Charles (Chuck) Canfield, directeur de l'équipe de gouvernance d'entreprise de la SFI, a expliqué comment les leçons tirées de l'établissement de rapports sur le développement durable des entreprises - en particulier ceux qui sont alignés sur les normes de l'ISSB - peuvent aider les gouvernements à mettre en œuvre la SRS 1.
Ce travail est ancré dans le programme Beyond the Balance Sheet (BBS) de la SFI, qui soutient l'adoption de cadres de divulgation de la durabilité au niveau du marché. En rapprochant les pratiques des secteurs privé et public, le programme BBS contribue à créer des écosystèmes de reporting plus cohérents et à promouvoir une approche globale de la transparence climatique.
Des participants de renom
L'événement a rassemblé un groupe d'orateurs et de contributeurs de haut niveau, dont :
- Arturo Herrera, directeur mondial pour la gouvernance, Banque mondiale
- Thomas Müller-Marqués Berger, président de l'IPSASB
- Zinga Venner, vice-président et contrôleur, Banque mondiale
- Ross Smith, directeur technique et du programme, IPSASB
- Carolina Renteria et Claude Wendling, Fonds monétaire international
- Oscar Garcia, Fonds vert pour le climat
- Alexandre Dabbou, Commerce et développement des Nations unies (CNUCED)
- Heather Taylor, EY Canada
- Philipp Orga, SECO
- Svetlana Klimenko, Banque mondiale
- Charles Canfield, responsable de la gouvernance d'entreprise, SFI
Leurs points de vue reflètent une large coalition qui s'est engagée à promouvoir des informations cohérentes et de qualité sur le développement durable dans les secteurs public et privé.
Perspectives d'avenir
Le lancement de la SRS 1 marque une étape cruciale dans l'alignement des efforts mondiaux visant à améliorer la divulgation d'informations sur le climat. Au fur et à mesure que les pays s'acheminent vers l'adoption, l'accent sera mis sur les voies de mise en œuvre, le renforcement des capacités et l'intégration dans les systèmes nationaux.
En établissant un langage commun pour la publication d'informations relatives au climat dans le secteur public, la SRS 1 peut favoriser une gouvernance plus transparente, renforcer la résilience fiscale et débloquer l'ampleur des investissements nécessaires pour relever les défis climatiques.
Comment la SRS 1 s'aligne sur les normes mondiales
La norme SRS 1 de l'IPSASB est étroitement alignée sur les normes IFRS S1 et S2 de l'ISSB, adoptant les mêmes piliers fondamentaux - gouvernance, stratégie, gestion des risques, mesures et objectifs - tout en les adaptant aux mandats du secteur public.
- L'ISSB se concentre sur la prise de décision des investisseurs et la matérialité financière
- LaSRS 1 élargit cette approche à la responsabilité publique, aux résultats des politiques et à la prestation de services
- Les deux cadres visent à améliorer la cohérence, la comparabilité et les informations utiles à la prise de décision sur les marchés