Élargir la base de référence mondiale : L'ISSB fait progresser les divulgations liées à la nature
L'International Sustainability Standards Board (ISSB) a franchi une étape importante vers l'intégration des risques et opportunités liés à la nature dans les rapports mondiaux sur le développement durable, en convenant d'une proposition de marche à suivre lors de la réunion de son conseil d'avril 2026 à Pékin. Selon la Fondation IFRS, l'ISSB développera des exigences pour les informations liées à la nature par le biais d'un énoncé de pratique IFRS, conçu pour compléter les normes existantes - IFRS S1 (informations générales sur le développement durable) et IFRS S2 (informations liées au climat) - sans introduire une nouvelle norme autonome à ce stade.
S'appuyer sur les normes existantes
Cette décision reflète une approche pragmatique et progressive de l'élargissement de la base de référence mondiale en matière d'information sur le développement durable. Plutôt que d'introduire des exigences obligatoires supplémentaires alors que les juridictions sont encore en train d'adopter les normes IFRS S1 et S2, l'ISSB a choisi de fournir des orientations pratiques sur la manière dont les entreprises peuvent rendre compte des questions liées à la nature dans le cadre des normes existantes.
Il est important de noter que les informations relatives à la nature sont déjà intégrées dans l'IFRS S1, qui exige des entreprises qu'elles signalent tous les risques et opportunités importants liés au développement durable, y compris ceux liés à la biodiversité, aux écosystèmes et au capital naturel, lorsqu'ils sont susceptibles d'avoir une incidence sur la performance financière ou les perspectives à long terme. L'énoncé de pratique proposé servira donc de pont méthodologique, aidant les entreprises à traduire ces exigences en informations cohérentes et utiles à la prise de décision.
Aligner les cadres mondiaux
L'une des principales caractéristiques de l'approche de l'ISSB est son alignement sur la Taskforce on Nature-related Financial Disclosures (TNFD). Les orientations proposées s'inspireront largement du cadre de la TNFD, notamment de sa structure établie autour de la gouvernance, de la stratégie, de la gestion des risques, des mesures et des objectifs.
Cet alignement vise à réduire la fragmentation entre les cadres d'information et à créer une voie plus claire pour les entreprises et les investisseurs qui naviguent dans le paysage en évolution rapide de la divulgation sur le développement durable. En ancrant son travail dans les initiatives mondiales existantes, l'ISSB renforce son objectif de fournir une base de référence mondiale cohérente et interopérable.
Du climat à la nature
Cette initiative reflète une évolution plus large des rapports sur le développement durable : l'accent est mis non plus sur le climat, mais sur une compréhension plus globale des risques environnementaux, notamment la perte de biodiversité, le stress hydrique et le changement d'affectation des sols.
Ces risques sont de plus en plus reconnus comme étant financièrement importants, avec des implications pour la résilience des entreprises, les chaînes d'approvisionnement et la création de valeur à long terme. La direction prise par l'ISSB confirme que les questions liées à la nature sont en train de devenir un élément central de la prise de décision financière, reflétant la trajectoire précédemment observée pour les informations sur le climat.
Prochaines étapes
L'ISSB prévoit de publier un exposé-sondage en octobre 2026 pour consultation publique, offrant ainsi aux parties prenantes la possibilité de façonner le futur cadre des informations à fournir sur la nature. L'approche choisie - la publication d'un énoncé de pratique - préserve également la flexibilité. Bien qu'il ne s'agisse pas d'une norme autonome, elle peut avoir un effet pratique équivalent pour les entités qui l'appliquent, tout en donnant à l'ISSB la possibilité d'envisager une future norme potentielle en fonction de l'évolution des pratiques du marché.
Implications pour les marchés émergents
Pour les marchés émergents et les décideurs politiques, la décision de l'ISSB offre une voie équilibrée qui favorise l'intégration de la nature dans les cadres d'information sans surcharger les institutions qui travaillent déjà à la mise en œuvre d'informations liées au climat. Cela est particulièrement important pour les pays qui mettent en place des systèmes d'information sur le développement durable dans les secteurs public et privé. Les considérations liées à la nature devenant de plus en plus importantes, il sera essentiel d'assurer l'alignement entre les informations fournies par les entreprises, la gestion des finances publiques et les cadres politiques nationaux.
Le programme "Beyond the Balance Sheet" de la SFI s'est de plus en plus engagé dans cette voie, en aidant les pays à adopter des normes alignées sur celles de l'ISSB et en renforçant les écosystèmes de communication d'informations. L'expansion des informations relatives à la nature renforce la nécessité d'adopter des approches intégrées qui tiennent compte du climat, de la nature et de la gouvernance dans l'ensemble de l'économie.
Un tournant pour les rapports sur le développement durable
La décision de l'ISSB marque une nette évolution dans le paysage mondial de l'information. En proposant des orientations sur les informations relatives à la nature, le conseil d'administration répond à la demande croissante des investisseurs tout en maintenant la stabilité dans la mise en œuvre des normes existantes.
À l'heure où les pays et les entreprises passent de l'information sur le climat à une information plus large sur le développement durable, l'intégration de la nature représente la prochaine frontière de la transparence, en liant plus directement les risques environnementaux aux performances financières, à l'affectation des capitaux et à la résilience à long terme.